Le But

Ânestérel est une association loi 1901 à but non lucratif enregistrée en préfecture.

 

Le but de celle-ci est la revalorisation de l'âne à travers ses nombreuses qualités : le débroussaillage où il est le roi, le portage et les balades dans nos beaux massifs forestiers.

Nous proposons la location d'âne aux particuliers et aux professionnels ou aux communes sous forme de formule au mois.

 

Notre priorité est d'agir pour la protection d'un environnement durable.

 

 

 

Comment et pourquoi l’association "Ânesterel "utilise-t-elle l’âne pour le débroussaillage dans le Var ?

 

1) Constat :

Nicolas Turiaf, président de l’association Ânesterel, est Pompier volontaire. Par son métier, il a pu constater que les habitations présentes au sein d’un massif forestier sont les enjeux prioritaires de défense au détriment parfois de la protection de la forêt.

Malgré la loi, la majorité des habitations situées dans les zones à risque ne sont pas protégées par le débroussaillage réglementaire.

Souvent la profondeur nécessaire de débroussaillage autour des maisons et des voies d’accès n’est  pas respectée. Une grande partie des propriétaires n’a pas les moyens physiques ou financiers d’entretenir une telle surface. Ni d’évacuer les résidus de coupe.

Une enquête de l’INRA d’Avignon (Castelli,2003) a montré que la moitié des propriétés non débroussaillées ont été parcourues par les flammes avec de nombreux dégâts contre seulement 21% des maisons débroussaillées.

 

2) actions d’amélioration :

Nicolas a donc décidé en 2008 de mettre à disposition du public des « ânes débroussailleurs ».

Voir la fiche signalétique de l’Association Ânesterel.

 

Pourquoi l’âne ?

L’âne est particulièrement adapté au débroussaillage des parcelles de faible taille  autour des habitations isolées ou dans les zones périurbaines.

Il est sociable, passe partout et consomme la strate sensible au feu.  C’est l’animal qui a le meilleur impact sur la strate arbustive et ligneuse. La strate herbacée repousse rapidement, mais en cas d’incendie, il sera facilement contrôlable..

L’âne est plus efficace sur les broussailles que les ovins.

Le coût est moindre que celui des techniques mécaniques.

 

Pourquoi louer des ânes ?

En général, la surface du terrain ne permet pas à un particulier de posséder et de nourrir un âne à l’année par manque de fourrage ligneux (ce n’est pas une tondeuse à gazon) et par la dégradation du sol provoquée par le piétinement.

C’est pourquoi la location temporaire permet un partage, une rotation des animaux sur plusieurs zones de pâturages tout au long de l’année.

 

Un groupe de 5 ânes débroussaille 1 ha en environ 2 mois sur un terrain en friche jamais débroussaillé.

Et 3 ha  sur un terrain de repasse débroussaillé l’année précédente…

Un couple d’âne est loué 390 €/mois pour traiter environ 4000m2. Il faut prévoir un passage par an.

 

3) mise en œuvre ,Itinéraire technique ,Premier contact :

C’est le plus souvent par le bouche-à-oreilles que l’Association est contactée. Le public peut aussi avoir eu connaissance d’Ânesterel par le biais de son site internet : www.anesterel.fr, ou à la suite de reportage télévisé.

Nicolas se déplace à la rencontre du propriétaire, du délégué municipal, de copropriétaires, pour évaluer la faisabilité du projet.

Un état des lieux préalable s’impose. Il s’assure alors :

- Si le fourrage est en quantité suffisante.

- S’il n’y a pas de plantes toxiques (laurier cerise, laurier rose, if à baie, hellébore, buis...). La fougère aigle et fougère mâle, digitale pourpre, rhododendron : risque en cas d’ingestion en quantité importante.

- Si le terrain est assez grand. Il estime alors le nombre d’animaux nécessaire. L’âne tolère des terrains très escarpés, mais pour son confort il convient d’inclure des zones planes. Un abri est bienvenu mais pas indispensable.   

- S’il n’y a aucun élément dangereux (déchet plastique, barbelé, trou, mur instable, verre…) pour l’animal.

Un débroussaillage manuel ciblé est parfois adjoint initialement pour optimiser l’accès de l’âne à tous les espaces de la parcelle.

 

 Installation de la clôture :

Pourquoi une clôture ?

La clôture permet de contenir les animaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur d’un espace.

Il s’agit essentiellement de gérer la consommation de l’âne.

Elle évite aussi les intrusions d’autres animaux (chien, sanglier…).

 

Pour guider efficacement l’âne dans sa mission de consommation, il faut être attentif à l’avancée de son travail.

Si la superficie à débroussailler est grande, il faut morceler cet espace en plusieurs parcelles, puis les ouvrir au fur et à mesure qu’elles sont broutées.

Il faut le laisser assez longtemps en place pour qu’il consomme un maximum de broussailles. 

En effet, les ânes vont manger en priorité ce qu’il préfèrent. Ils ne vont pas s’attaquer aux ronces et arbustes tant qu’ils ont de l’herbe à disposition. Mais, il faut veiller à ce qu’il ne manque pas de nourriture, sinon il grignotera l’écorce des arbres.

Il est important également de faire une rotation des parcelles pour minimiser le piétinement du terrain,

optimiser la repousse de l’herbe, diminuer la contamination des parasites internes.

 

Pourquoi une clôture électrique ?

D’abord parce qu’elle est facile à installer et mobiliser.

Elle est moins onéreuse qu’une clôture conventionnelle.

Un électrificateur envoie des impulsions qui sont sans danger pour la santé animale et humaine.

C’est surtout d’une barrière psychologique : l’animal a mémorisé son premier contact avec le fil de la clôture et va éviter de s’en approcher.

 

Procédure d’installation de la clôture électrique :

La clôture est un circuit. Le courant circule par impulsion électrique toutes les secondes (1Hz).

Eléments nécessaires au circuit : un générateur (poste sur batterie 12Volts), les conducteurs (fils électro plastiques),  

des piquets mobiles, des isolateurs, pinces crocodile (relient générateur au fil  et au piquet de prise de terre).

Les outils : ciseaux pour les fils, marteau  pour les piquets, cisailles pour l’herbe.

L’apposition d’un panneau signalétique est obligatoire.    

 

Le courant circule via le fil, vers l’animal ou les hautes herbes et revient, par le piquet du système de mise à la terre.

Une bonne mise à la terre est essentielle : c’est elle qui va fermer le circuit en cas de contact de l’animal.

Il faut éviter que les herbes hautes soient en contact avec le fil pour préserver l’efficacité du circuit.

 

Deux fils suffisent pour contenir les ânes. Cependant, deux autres fils peuvent être ajoutés dans une zone très fréquentée

afin de dissuader les promeneurs ou leurs animaux de compagnie de franchir cette clôture.  

Les piquets sont espacés afin de permettre aux fils de suivre la déclivité et la géométrie du terrain.

On plante en moyenne un piquet tous les 3 métre. Ils sont rapprochés en terrain accidenté.

 

Installation des ânes :

Les ânes sont installés au moins en couple.

Ils sont déplacés à pied d’une parcelle à l’autre ou transportés en camionnette d’un site à l’autre.

Il est souvent nécessaire d’apporter des réservoirs d’eau (équivalent à 1 abreuvoir par couple d’âne) qui seront remplis par des jerricanes transportés en l’absence de source d’eau disponible sur place.

    

Il faut s’assurer régulièrement que les ânes ont à boire, que les clôtures n’ont pas été dérangées, que les herbes n’entravent pas leur fonctionnement, que les ânes se portent bien.

C’est pourquoi Ânesterel limite son périmètre d’intervention à 50 km. Il faut pouvoir intervenir rapidement en cas de problème signalé et limiter l’impact écologique des nombreux déplacements.

 

La gestion  de la clôture et du temps de pâturage est importante.

Selon l’étendue du territoire à défricher, on fractionne la pâture pour que l’âne concentre sa consommation sur un petit espace, mais qu’il va bien nettoyer. On bascule la clôture lorsque la quantité nutritive ne suffit plus, que la fumure ait été piétinée.

Bien sur il restera toujours quelques arbustes, mais ceux ci serviront encore de « refuges » indispensable aux petits animaux qui vivent dans ce milieu.  

 

La gestion du cheptel d’ânes est conditionnée par la demande de travail en débroussaillage.

 

En hiver, la demande est moindre et inadaptée à cause du risque de dégradation par piétinement du terrain boueux, de la repousse printanière des rejets et des herbacées, des intempéries dont on souhaite protéger l’âne malgré sa rusticité.

De novembre à mars, les 50 ânes sont hébergés sur un terrain de 2ha et un autre de 30ha aux Adrets-de l’Esterel qui disposent d’une grande bergerie et d’abris.

    Nicolas donne des granulés et du foin en complément deux fois par jour selon les        

    Recommandations du vétérinaire référent.

   Pour nourrir ses 50 ânes, l’association achète 40 bottes de 160Kg par mois en complément du pâturage.

 

D’avril à novembre, la majorité des ânes seront déplacés plusieurs fois.

Seuls quelques « retraités » ou éléments trop craintifs restent choyés aux Adrets.

 

À titre indicatif :

-terrain jamais débroussaillé ou en friche : 10 ânes débroussaillent environ 1 ha en 20 jours .

5 ânes débroussaillent environ 1 ha en 40 jours.

Donc, à l'année pour 5 ânes environ 9 ha.

 

-Terrain débroussaillé l’année d’avant : 10 ânes débroussaillent environ 3 ha de repasse en 20 jours.

5 ânes effectuent environ 3 ha de repasse en 40 jours.

Donc à l'année pour 5 ânes environ treize hectares de repasse en tenant compte de la trêve hivernale.

 

4) commentaires

À mes débuts dans l’association, mes questions rejoignaient celles des propriétaires qui nous contactaient pour la première fois : « les ânes peuvent-ils nettoyer autant de ronciers ? », « ne vont ils pas dégrader la végétation ? », « les  nuisances (braiments, crottins, mouches…) vont-elles êtres contraignantes ? »… Comme eux, j’ai été rapidement convaincue de la rentabilité de leur travail.

Les ânes sont effectivement friands de broussailles. Une surveillance hebdomadaire de leur consommation est même nécessaire car il y a une grande variabilité dans leur rapidité de nettoyage.

Il est évident, dans nos paysages, que l’âne est l’animal qui remplit le mieux son contrat de nettoyage de l’ensemble de la strate basse. Les ovins auraient délaissés tous les arbustes. Les chèvres se régalent autant des branchages et écorces que des buissons. Et elles ne réalisent pas la sélectivité attendue.

Les ânes ne braient pas lorsqu’ils sont en couple. Le crottin est régulièrement piétiné et se mélange au sol en le fertilisant. Aux Adrets, en comparaison au passage des engins débroussailleurs qui tassent le terrain et le lacèrent d’ornières, celui de l’âne permet une repousse clairsemée 3 semaines après son départ.  

Les propriétaires qui renouvelaient l’expérience m’ont fait part de leur satisfaction. Certains ont rapporté la repousse de nouvelles fleurs champêtres sur leur terrain, probables semences transportées par les animaux. 

Concernant les temps d’interventions, les deux mois annoncés semblent souvent longs. Mais la plupart des riverains ou propriétaires sont peinés en fin de mission quand les ânes sont déplacés vers un autre site.

Au printemps dernier, pendant que nous installions les clôtures en vue de l’entretien de l’Espace Boisé de Gour de Coule, au Cannet, plusieurs promeneurs nous ont interpelés, impatients de connaître la date de retour des ânes. 

 

Plusieurs communes  Conseil Général des Alpes-Maritimes, Le Cannet, Les Adrets de l’Esterel,  Mougins, Auribeau sur Siagne,  ont expérimenté la force de tonte animale pour remplacer les outils mécaniques brillants, polluants et coûteux en mains d’œuvre. En 2010 Mougins a loué 7 ânes. Ils ont constaté qu’il s’agissait de véritables spécialistes en matière de débroussaillement. Ils ont apprécié leur attrait auprès des enfants et leur grande docilité par comparaison à d’autres villes ayant choisi des chèvres ou des lamas…

En 2012 Mougins a pu adopter 4 ânes pour l’entretien des différentes parcelles communales totalisant 15ha. L’hiver, ces nouvelles recrues du service débroussaillement sont hébergées à l’Eco-Parc.  

Les ânes apprécient également la compagnie des passants et viennent volontiers au devant d’eux. La présence de cet animal attachant dans ces zones périurbaines et fréquentées crée du lien social. Leur zone d’installation est souvent un but de promenade, un lieu de rencontre, ou un thème d’échange entre voisins.

On voit là une autre dimension de l’intervention de l’âne que l’entretien des sous-bois :

L’âne est un excellent vecteur de messages écologiques.

Au-delà de la préservation d’une espèce avait disparu du littoral méditerranéen, il sensibilise à la nécessité d’entretien des espaces naturels et à l’emploi de méthodes durables.

Les écoles du Cannet profitent de leur passage, au Bois de Gour de Coule, pour organiser des sorties  pédagogiques sur le thème du respect de l’environnement et du développement durable.

L’âne en est ici un excellent symbole de durabilité par son débroussaillage écologique, économique et sa sociabilité.

Nicolas mobilise 50 ânes pour réduire voir supprimer la masse combustible basse du Var.

L’objectif est d’encourager les nombreux particuliers et collectivités qui ne se protègent pas encore du risque d’incendie qui pèse sur leurs régions

Nicolas aime se rendre une première fois sur le terrain avant d’y placer ces ânes. Cela lui permet de vérifier la faisabilité du projet, vérifié la végétation présente qu’il n’y a rien de dangereux ; (déchets, plantes toxiques…)  ainsi que les accès.

Faire intervenir l’animal sur la coupure offre une sélection de na flore naturel, ne perturbe en rien le rythme de vie de la faune locale ni pendent, ni après. 

Nicolas est pompier volontaire. A travers son activité, il s’est aperçu que bon nombre de personnes ne prenaient pas en considération le risque d’incendie et si retrouvaient fortement exposés.

Il a étudié les causes de cette insouciance, les éléments qui encourageraient  ces personnes à protégé leur habitat.

 Depuis 2008, les ânes d’Ânesterel ont su prouver à plusieurs reprises que leur méthode d’action pouvait être aussi performante que les autres techniques pour protéger les maisons des risques d’incendies.

 

On peut certes leur reprocher d’être plus étalés sur la durée de travail. Mais le résultat est incontestable.